10/03/2008

Be yourself...comme tout le monde !

Or donc...(toutes les histoires truculentes commençent parait-il par "or donc" !)...Votre serviteur s'est explosé le dos en glissant dans les escaliers et suite à moultes péripéties qui ne me laissent que trop de cruels souvenirs pour que je m'y attarde, j'ai grosso modo été en arrêt maladie durant quasi un mois. Une part du problème est tout simplement un bon vieux burn out des familles suites aux diverses agitations peu agréables qui ont animés ma vie durant les deux ou trois dernières années.

Bre, une fois le dos retapé jusqu'au prochain coincements insoutenable de douleur (ce qui arrive en moyenne une fois tous les deux ans), restait le gouffre incommensurable de mon moral face à la vacuïté insupportable de la vie. Mais j'ai la chance d'être bien entouré par des parents et des amis qui savent autant respecter mes souffrances que m'offrir leur aide ou des distractions pour échapper à mes petites difficultés quotidienne. Or donc, disais-je en préambule, la Louloute, jeune femme étudiante de son état, 19 ans, gaulée comme une déesse, sensuelle comme une succube, fondue de la tête, étrange mélange entre désespoir criant et naïveté touchante, insomniaque, mangeant moins qu'un moineau anorexique et, malgré les émeutes de mâles en rut à chacune de nos sortie en boite, persuadée "qu'elle n'est pas si canon que ça tout de même !" (sic)...Or donc la Louloute dans un élan de générosité toute féminine avait décidé de nous organiser une aprem' d'activités en tête à tête pour me regonfler le moral.

Je précise "dans un élan de générosité toute féminine" parce que la première étape de son programme se trouvait être une séance "shopping-relooking" pour votre serviteur. Donc il s'agissait de faire un truc que je déteste, et qui en plus va me ruiner...

 (Interlude du dialogue approximatif :

-"histoire que t'arrête de ressembler à un trentenaire divorcé"...

-"ta gueule gamine, au lieu de sucer ton pouce, suce ma...!"...

-"t'es vraiment con"...

-"ouais, je sais"...

-"en plus tu sais que j'aime pas le sexe et que tu ne tiendrais pas 4 minutes 30 au plumard avec moi avant de jouir"

-"j'en cogne, moi j'aurais pris mon pied, je pourrais me retourner et dormir et c'est toi qui aura l'air d'une conne avec to gode à la main pour te finir"

-"t'es vraiment d'un cynisme dégueulasse mon vieux !"

-"je sais, c'est pour ça que tu ne peux pas te passer de moi !"

-"Connard !...Bon, on y va essayer de te trouver de nouvelles fringues un peu mode ou pas ?

Fin de l'interlude)

Autant le dire tout de suite, entre une aprem' de shopping en ville et un arrachage de dents de sagesse avec complications je prends le second, au moins c'est sous anesthésie. Mais bon, j'aime bien ma nymphette, elle me change les idées et puis pourquoi pas, sait-on jamais, je trouverai p't'être un truc ou l'autre qui me plairont. Toute contente, la Louloute évolue avec sa souple grâce féline au travers de la foule sur les trottoire, m'amenant d'un bon pas vers la plus grande rue commerçante de la ville de Namur. Moi, je la suis derrière d'un bon pas...(elle, se retournant "putain, je le savais...Tu mates mon cul !". Moi, haussant les épaules "c'est pas une nouveauté ça, une seconde sur deux je mate ton cul ou tes seins, tu le sais bien". Elle, "t'arrête jamais ?". Moi "non...tu savais pas qu'un mec à le cerveau à un mêtre du sol ?")...Soudain le dialogue d'une haute spiritualité s'interrompt et je vois son doux et juvénile visage s'éclairé d'un éblouissant sourire, une étincelle d'excitation brillant dans son regard bleu-vert : elle a vu un truc dans une vitrine. Dans la minute nous sommes dans le magasin, horriblement mode et cher, il va de soit. Le rockeur-grungie-classico-rebelle que je suis mentalement se hérisse à la simple vue des tonalités des fringues exposées mais bon, j'ai promis !

Arrive à ce moment l'inévitable vendeur, la coupe de cheveux hyper-tendance, le grand méchant look d'un négligé soigneusement étudié et parfaitement artificiel et bien entendu, les inévitables intonations et petites manières qui dénote immédiatement le bon vieil homo qui bosse dans la mode : un putain de cliché sur patte...Je blémis anticipativement rien qu'à imaginer l'association de cette tata de compet' et d'une Louloute en pleine hystérie fashionno-dépensière. Ca va chier pour mon matricule, je le sens ! Et ça ne rate pas ! Le deal étant que je me pliais sans rouspeter à tous les essayages qu'elle me propose durant 45 minutes avant de pouvoir émettre la moindre critique, je me retrouve à enchaîner les changements de tenue au rythme des délires de mes deux tortionnaires shooté au bubble gum rose. Je me fais l'effet d'être une saloperie de poupée barbie qu'on désappe et qu'on change frénétiquement en s'esclamant à qui mieux mieux sur la magnificence du résultat. Je crois que je suis passé par le look de Renato dans la cage au folle (polo rose et costume blanc), le Tché version tiny toons, Cow-Boy Brokeback Mountain et peut-être aussi Jim Carrey dans "The Mask". Je crois que je vais dégueuler mais je tiens bon, je la ferme...Toutes les deux tenues, l'un ou l'autre de mes bourreaux m'enjoint à garder une pièce ou l'autre "pour examen ultérieur quand on aura mieux cerné ton style"...Pour ma part, je réagis avec bonne volonté mais machinalement, plongé mentalement dans Fight Club ("C'est à ça que ressemble un mec de nos jours ?"..."Vous entrez dans votre caverne intérieur ou vous rencontrez votre animal porteur de force"...) pour tenir le choc.

Après 53 minutes, je sors pour la ènième fois de la cabine d'essayage et je vois mes deux cocos me regarder avec un large sourire presque émut et plein d'une légitime satisfaction, éblouit par l'extrême goût avec lequel ils ont amoureusement composés cette ensemble à leurs yeux parfait pour votre serviteur. Puis, j'avise à l'horloge que le délai de silence est passé...Ils suivent mon regard et sourient plus largement encore, me lançant un "Alors, franchement...Qu'est-ce que t'en penses ?"...C'est là que j'ai pas pu m'empêcher...Pourtant j'aurais du...Ils s'étaient donnés un mal fou...Retournés la moitié du magasin à la recherche que quelques perles rares à ajouter à ma parure...C'est pour ça que j'aurais du me retenir...Mais j'ai pas pu...Avec un petit rictus cynique, j'ai laché un plat et laconique : "C'est joli mais il est ou le rayon homme ?"

J'ai vu Steevy s'éffondrer, décomposé, flagellé par l'insulte...La Louloute me fixait avec une douce lueur bovine brillant dans son beau regard éteind sous le choc...Moi je suis rentré dans la cabine pour remettre mes fringues à l'arrivée, interieurement mort de rire...J'ai rien acheté dans ce magasin...D'ailleurs la Louloute a abandonné l'idée de faire du shopping avec moi ou de me refringuer...Je l'avais prévenue. Moqueur

14:13 Écrit par Catalyseur dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.